L'histoire se répète , les historiens aussi !
28 Mars 2020
En 2006 , un groupe américain rachète les ateliers Thomé-Génot qui est la dernière forge de Nouzonville .

Dans cette ville ,64 % de la population est ouvrière en 1982 pour 42,5 % en moyenne en France.
L'auteur va rencontrer les ouvriers, ingénieurs de cette industrie .
La déception de ces personnels est clairement palpable chez ces personnes , victimes de la mondialisation, la financiarisation du capital et les restructurations que cela engendre.
Consacré au monde du travail ,ce film est la suite de :
- 300 jours de colère
-Les prolos et Femmes précaires
Marcel Trillat :
Il né le 4 avril 1940 à en Isère ,il est un journaliste, réalisateur de films documentaires et auteur français.

Marcel Trillat devient journaliste à l'ORTF en 1965 en collaborant au magazine Cinq colonnes à la Une.
Il participe également à des entreprises collectives militantes comme UNICITE ou le CREPAC (Centre de Recherche sur l'Education Permanente et l'Action Culturelle) .
En 1976 dans le cadre d'une formule rajeunie de L'Humanité Dimanche, il y ouvre une rubrique de reportages :Une vie.
Il a publié depuis lors plusieurs articles dans L'Humanité. En 1979-1980, il participe, avec un autre journaliste, Jacques Dupont à la radio libre Lorraine Cœur d’Acier mise en place par la CGT au moment des luttes syndicales du bassin sidérurgique de Longwy.
Il entre à Antenne 2 en 1981 et y gravit les échelons de la rédaction pour devenir directeur adjoint de l’information en 1989.
Il est administrateur, élu CGT, de France Télévisions de 2001 à son départ en retraite en 2006.
En 2007, il a reçu le Grand Prix de la SCAM pour l'ensemble de son œuvre.
Ses principes éthiques et convictions franches lui ont valu des déboires : licenciement en 1968, « mis au placard » de France 2 en 1986 (par la droite) et en 1991 (par la gauche).
Thomé-Génot : Leader mondial de l'alternateur, victime de voyous américains .
La société des Ateliers Thomé-Génot ( Louis-Gustave Thomé et son beau-frère Eugène-Auguste Génot ) est une entreprise ardennaise de métallurgie fondée le 25 -04- 1863 et fermée en 2007 .

Avant la Première Guerre mondiale, les Ateliers Thomé-Génot produisent pour le secteur ferroviaire et s'ouvrent à un nouveau marché, le secteur automobile.
L'usine de forge produit annuellement 3 500 tonnes de ferrures forgées et usinées. Elle utilise vingt-neuf marteaux-pilons dont une dizaine de 3 à 10 tonnes de masse tombante. Ainsi qu'une presse à forger de 600 tonnes et de nombreuses presses annexes pour le découpage et le pliage de tôles, et l'ébarbage de pièces forgées. L'usine d'emboutissage produit annuellement 1 500 tonnes d'emboutis.
La crise des années 1930 fragilise la métallurgie ardennaise, avec des mesures de chômage partiel. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'activité est stoppée complètement avec l'invasion allemande de mai 1940 .L'année suivante , l'occupant oblige l'industriel à répondre aux besoins de l'armée allemande.
À la fin du 20e siècle, la société produit environ 15 millions de pièces nécessaires aux équipementiers automobiles, en particulier les pôles alternateurs, pour lesquels elle est leader mondial.
Cette pièce, sortie des Ateliers Thomé-Génot, est d’une qualité inégalée, prisée par les constructeurs automobiles et leurs équipementiers.
L'entreprise ardennaise dispose d'une technologie plus efficace que celle des concurrents. Elle en détenait les brevets de façon exclusive. Ceci lui permettait d'alimenter jusque 30 % du marché mondial pour l'automobile.
Les Ateliers Thomé-Génot comptaient 166 salariés en 1944, 377 en 1977, et seulement 280 en 2007.
2003 ......
Une mauvaise gestion financière , la concurrence internationale, la pression sur les prix d'achats des équipementiers automobiles et le manque de soutien bancaire aboutissent au dépôt de bilan de l'entreprise.
Une société américaine, Catalina, associé à un fonds d'investissement rachète l'usine .
Mais la société Catalina se révèle être une coquille vide tenue par des individus peu scrupuleux qui s'emparent de la trésorerie et vendent des biens immobiliers importants à Nouzonville et Paris .
Des voyous toujours en liberté !
Une condamnation des repreneurs est prononcée le 8 septembre 2009. Les dirigeants de Catalina se réfugient aux États-Unis. Leur extradition est demandée par le parquet général de Reims, sans succès.
Vivant aux États-Unis, qui n'extrade pas ses ressortissants, ils échappent toujours à cette condamnation, mais ne peuvent sortir du pays, ayant désormais un mandat d’arrêt d’international émis contre eux, depuis 2017.