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Histoires ardennaises

L'histoire se répète , les historiens aussi !

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Marie Catherine Rogissart :la dernière communarde survivante des déportées en Calédonie

Marie Catherine Rogissart est née le 12 mai 1841 à Neufmanil dans une famille de cloutiers , , et décédée à l’hospice de Nouméa le 7 août 1929 en Nouvelle-Calédonie. Ayant gagné la capitale, elle devient en 1871 une insurgée de la Commune de Paris. Arrêtée, et déportée en Nouvelle-Calédonie, elle choisit d’y rester après sa peine. En 1929, elle est sur l’île ,la dernière survivante des déportés politiques de la Commune.

 Elle s'installe dès 1861 comme couturière à Belleville, commune annexée à la Capitale depuis peu.
Après la guerre de 1870 et la chute de l'Empire , les habitants de l'est de Paris se soulèvent le 31-10-1870 .L'hôtel de ville est envahi, un nouveau gouvernement  est réclamé. Le 7 novembre  se tiennent les élections de conseils municipaux et des nouveaux candidats  sont élus.À partir du 5 janvier, les canons prussiens bombardent la capitale.L'armistice est signé le 28 janvier 1871. Le 8 février, les élections législatives nationales voient le succès des conservateurs et des monarchistes.Le 29 mars 1871, le conseil de la Commune décrète que les loyers dus depuis le moratoire du 13 août 1870, sont annulés. Des mouvements féminins se constituent, telle, le 11 avril 1871, l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés.Les femmes réclament le droit au travail et l'égalité des salaires. Marie Catherine Rogissart participe à ses mouvements à partir  d'avril 1871.
Le 21 mai 1871, les troupes versaillaises entrent dans Paris. C'est le début de la semaine sanglante. Pendant cette fameuse semaine, Marie Catherine Rogissart est dans la rue. Elle est obligée de se cacher . Elle est arrêtée le 26 juin 1872, par dénonciation, plus d'un an après la tourmente révolutionnaire.On trouvera chez elle une lampe à pétrole et un peu de ce combustible d'éclairage .
Sur ce simple fait, son nom est pourtant associé immédiatement aux pétroleuses, par la police. Les pétroleuses … cette rumeur encouragée par Thiers affirmait qu'un groupe de femmes aurait participé aux incendies  de Paris lors de l'écrasement de l'insurrection. Elle nie toutes les accusations portées contre elle. Un témoin, qu'elle avait accusé d'être un espion de Versailles lors d'une assemblée à Saint-Eloi , pour se venger , rappellera un de  discours de Mme Rogissart  contre les "lâches et fainéants" . Le 6 août 1872, le conseil de guerre de Versailles, dans sa vingtième séance, la condamne à 7 ans de travaux forcés. Mais sa peine est transformée en une déportation en Nouvelle-Calédonie.
Elle est déportée , en Nouvelle Calédonie le 11 janvier 1873. Le navire compte 205 hommes d'équipage, hommes de surveillance et religieuses, et 540 déportés, politiques et de droit commun, dont 24 femmes, toutes des condamnées de droits communs à l'exception, justement, de Marie Catherine Rogissart. Il comprend même quelques enfants.
Marie Catherine Rogissart voit sa peine réduite une première fois à 5 ans de réclusion le 11 juin 1873. Elle se marie sur place, le 9 mai 1874, avec un autre déporté, Charles Emilien Girod. Un mariage qui survient  très peu de temps avant un durcissement des conditions de déportation. Le mariage entre déportés est considéré favorablement par les autorités : c’est pour elles un élément de stabilisation et de moralisation, avec la possibilité de naissance s’inscrivant dans la volonté de peuplement de la colonie. En 1875, sa peine est de nouveau réduite, à quatre ans. Mais, pour autant, tout individu du bagne condamné à moins de huit ans de travaux forcés est tenu, à l'expiration de sa peine, de résider dans la colonie un temps égal à la durée de la condamnation. Etre libéré ne signifie donc pas être libre, et le libéré reste une personne dotée d'un matricule, enregistré dans la nomenclature pénitentiaire. Malgré l'amnistie de 1880, elle fait partie des rares déportés qui reste sur l'île.
Remariée, elle décède à 88 ans, le 7 août 1929, à l'hospice de Nouméa ,elle sera la dernière survivante des déportées .  Dans les mêmes années 1920, son arrière-petit-neveu, Jean Rogissart, instituteur en Ardennes, commence sa carrière littéraire.

Depuis le 5 juillet 2019 ,grâce à l'association " Les ami(e)s de la Commune de 1870 " cette ardennaise à sa rue à Paris (XII éme ) . En effet , la mairie de cet arrondissement cherchait à attribuer le nom d'une communarde à un lieu du faubourg ST Antoine .

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