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Histoires ardennaises

L'histoire se répète , les historiens aussi !

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L'Abbé Miroy : résistant aux Prussiens , fusillé mais oublié dans un musée !

Eugène Charles Miroy est un prêtre , né à Mouzon (08) le 24 novembre 1828 et exécuté à Reims le 12 février 1871.


 Le prêtre Charles Eugène Miroy administre le village de Cuchery (Marne) quand la guerre avec la Prusse éclate en 1870. Les villageois ont des réactions différentes devant l’ennemi. Certains subissent passivement, d’autres collaborent pour tirer quelques avantages de la situation mais d’autres choisissent de résister. L’Abbé Miroy est de ceux-là.
L’abbé Miroy, curé de Cuchery, fut accusé, par des paroissiens malveillants, et remplis de haine, d’avoir appelé à la résistance et d’avoir caché des fusils dans son église...
 Il pensait que « la qualité de citoyen ne s'efface pas devant l'état de prêtre » 
 L'abbé reçut une « menace de dénonciation de détention illégale d'armes de guerre ».
Quelques jours s'écoulent, les fusils disparaissent mystérieusement après le vol des clés de l'église. Sur ces entrefaites, un détachement prussien venu pour une nouvelle réquisition essuie, le 6 février 1871, quatre ou cinq coups de feu isolés qui ne tuent ni ne blessent personne mais qui exaspèrent les Prussiens. Ils menacent d'incendier le village si les auteurs des coups de feu ne leur sont pas remis. Les habitants prennent peur et l'abbé est accusé. Il est emmené à Reims et tenu au secret.
Le journal La vie à Paris du 6 octobre 1909, un professeur d'allemand a servi d'interprète pendant le procès de l'abbé Miroy et il rapporte le dialogue suivant entre les Prussiens et l'abbé :
- C'est vous qui avez caché ces fusils sous l'autel ? Demande le Prussien.
- C'est moi, répondit l'abbé.
- Pourquoi les aviez-vous mis là ?
- Pour les distribuer aux paysans et pour nous en servir pour vous chasser de chez nous sinous l'avions pu !
 - Vous n'avez aucun repentir de votre acte criminel ?
- Criminel ? Dites naturel ! J'en suis fier et je recommencerais si j'étais libre ! S'exclame l'abbé.

 
Condamné à mort par un tribunal militaire d’exception, il fut exécuté, au petit matin, contre le mur du Cimetière du Nord à Reims, pendant l’armistice, le dimanche 12 février 1871. Il n’avait que 42 ans. Il était assisté par l’abbé Sacré, aumônier des prisons, qui fit, sur cette douloureuse affaire, un poignant récit. 
Il pardonna à ceux qui l’avaient injustement accusé, et à ceux qui allaient être ses bourreaux. Avant son exécution, le gradé chargé de donner l’ordre de tir, vint lui serrer la main.
Aussitôt , une sosucription fut lançé pour qu'il ait une digne scépulture .violant l'armistice signé le 29 janvier. Le docteur Adolphe Hanrot propose à Saint-Marceaux, le sculpteur rémois, de se charger de cette commande.
Terminée en 1872, la statue est exposée, mais, déception !... Adophe Thiers demande à Saint-Marceaux  de renoncer à l' exposer, pour ne pas irriter les occupants. Et ce sera le deuxième enterrement de l'abbé. Finalement , le monument sera inauguré au cimetière du Nord le 17 mai 1873.
La statue couchée en bronze de 2 mètres de long et de 0,80 mètre de large n'est plus sur la tombe de l'Abbé Miroy depuis 2006, pour cause de sécurité. Après l'absence de 1872, Charles Miroy est à nouveau enterré, à l'abandon dans les caves sombres du musée des Beaux-Arts de Reims. Réapparu en 2014, le temps d'une exposition, le voici remisé à nouveau dans les réserves du musée pour un troisième enterrement, privant la mémoire collective d'une œuvre magistrale et du symbole de la résistance à toutes les formes d'oppression.


 

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