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Histoires ardennaises

L'histoire se répète , les historiens aussi !

Alfred Hyacinthe Bastin : médecin, biologiste, savant, paléontologue ...

  Alfred (Hyacinthe ) Bastin naquit le11 Novembre 1895 à Trazegnies ,Belgique.


Il décédera en 1944.


Son père était également médecin en Belgique et sa mère , issue d'une famille de la bourgeoisie belge .


Notre médecin exerça la médecine à Deville et à Château Regnault  dès 1923.


Auteur de nombreux ouvrages et publications sur la paléontologie :


- Etudes préhistoriques dans le département des Ardennes
-  Paléontologie du quaternaire
-  Prise de date sur la découverte des restes d'un mammouth à Rancourt
-Les ossements humains de la sépulture dolméniques de Saint-Marcel
-Sur la présence de formes diminutives du Mamouths dans les alluvions quaternaires du Nord-Est de la France
-  Sur la présence de l'hippopotame quaternaire dans le Nord-Est de la France
- La Préhistoire du musée de Saint-Emilion.
- Le plateau alluvionnaire de Saint-Julien à Mézières
- Quelques aspects particuliers du Moustérien dans l'Engihoul près de Liège
 - Action du vent et du gel au Quaternaire dans la région bordelaise
.- Découverte d'un mégalithe à Libourne,le menhir de Carré
-  Sur la présence d'Elephas anticuus Faconer dans les alluvions quaternaire de Libourne
-  Contribution aux études de préhistoire de la Touraine
-  les industries préhistoriques plateau d'Athée (Indre-et-Loire)


A propos de ses découvertes dans nos Ardennes, il écrivit :


 "Les trois derniers jours de septembre 1931 m'ont apporté des joies scientifiques que je ne veux pas tarder à faire connaître à mes Collègues de la Société Préhistorique Française.

J'ai eu le rare plaisir de découvrir successivement :

- une caverne sépulcrale néolithiqu

-  un dolmen et un mégalithe présentant des gravures du plus haut intérêt.

La caverne sépulcrale néolithique de Foisches :

Le petit village de Foisches, situé en-deçà du fort de Charlemont, près de Givet, n'a pas 200 habitants. Il fait face, sur la rive gauche de la Meuse, à la boucle récurrente que décrit ce fleuve en se dirigeant sur Chooz. Le sol de la commune est constitué par le calcaire givétien, étage dévonien, facilement altérable par les agents atmosphériques ; les fissures y sont abondantes et une exploration méthodique permettrait d'y découvrir de nombreuses grottes certainement remarquées et utilisées par la population primitive de la vallée de la Meuse et des affluents.

Les belles trouvailles d'Edouard Dupont, au siècle dernier, sont suggestives à cet égard.

Dès 1929, j'explorais à Foisches le « trou du Blaireau » où l'on avait découvert, en 1917, deux squelettes ; malheureusement, cette découverte fortuite, due à un chercheur de trésor, fut ignorée des Préhistoriens, en vérité inexistants dans la région.

Ce ne fut qu'en décembre 1928 que j'appris la chose.

Les fouilles que j'opérai en avril-juin 1929 m'ont livré. : un disque de jet taillé aux dépens d'une grande hache polie en silex, plusieurs galets dont un peint présentant trois signes alphabétiformes, un autre gravé, des molettes ou lissoirs, des fragments d'os incisés au silex, des morceaux d'ocre et aussi quelques restes squelettiques humains.

J'ai poussé mes fouilles jusqu'à 7 mètres de profondeur ; mais le couloir rempli d'argile a été exploré jusque 30 mètres environ sans que j'aie pu en atteindre le fond ; il s'agit là d'un ancien lit de cours-d'eau souterrain.

Le 28 septembre dernier, je me rendis à Foisches pour explorer le terroir en vue de découvrir la sortie du « trou du Blaireau » ; j espérais y trouver une sépulture vierge, dont la fouille méthodique fournirait peut-être des documents utiles pour élucider le problème de la présence des galets peints et gravés au Néolithique supérieur.

Je ne découvris point la sortie du ruisseau souterrain ; mais en contournant une colline aride dont l'extrémité se terminait en pointe et dont les versants inégaux offraient une pente douce et semée de blocs rocailleux, à l'est, une falaise abrupte, à l'ouest, je fus frappé, de ce côté, par l'existence d'un véritable abri- sous-roche long de 60 mètres et dont le surplomb atteignait, actuellement encore, 2 à 3 mètres; le surplomb devait être plus considérable avant que les éboulis aient recouvert le niveau d'habitat probable d'une couche de 5 à 6 mètres d'épaisseur.

La roche elle-même a encore une hauteur variant de 4 à 8 mètres. En face de la falaise s'étend une dépression, large d'une centaine de mètres, qui va rejoindre une nouvelle colline ; sa pente est douce et en direction Nord-Sud. Cet emplacement abrité des vents glacés du Nord et de l'Est convenait admirablement pour un habitat. J'explorai donc la base de la falaise dans l'espoir d'y reconnaître l'emplacement d'une terrasse anciennement habitée.

Mes recherches furent couronnées de succès ; à mi côte, je découvris un enfoncement de la roche paraissant se prolonger en galerie descendante ; j'en dégageai les abords et reconnus aussitôt l'entrée en ogive d'une caverne obstruée jusqu'à son sommet par des blocs rocheux parmi lesquels avaient poussé des arbustes et des ronces ; j'introduisis ma canne dans l'orifice dont le diamètre ne dépassait pas 0, 20 m et je constatai avec plaisir qu'elle y pénétrait en entier sans rencontrer d'obstacle ; me penchant, j'aperçus un crâne de grand chien et divers ossements.

Continuant mon exploration de la falaise en-deçà et au-delà de l'entrée de la caverne, je découvris de part et d'autre plusieurs orifices cylindriques donnant naissance à des trajets plus ou moins contournés et profonds ; il est très probable qu'il s'agit là de cheminées établissant une communication entre l'intérieur cavitaire de la falaise et l'air extérieur.

J'emportai de ce voyage l'impression la plus agréable ; j'avais l'intuition de la découverte prochaine d'un ossuaire néolithique intact et je nourrissais en outre l'espoir de trouver, sous le niveau néolithique de la caverne et sur la terrasse dénudée des éboulis extérieurs de la falaise, l'emplacement de foyers paléolithiques.

L'avenir dira si cette espérance était fondée. Quant à l'existence d'un ossuaire néolithique, il semble qu'on n'en doive plus douter après les résultats de trois journées de fouilles préparatoires, effectuées les 2, 7 et 13 octobre. Ces premiers travaux ont consisté dans la mise de plain- pied de l'extérieur, sur un rayon de 3 mètres, avec l'entrée actuelle de la caverne.

Le 2 octobre, je recueillis un superbe galet rose ayant servi de percuteur ; le 7, la portion médiane d'une mandibule d'enfant ; le 13, de nombreux éléments d'un squelette d'adulte : quatre fragments de crâne, le calcaneum droit, le calcaneum, l'astragale, le scaphoide, et le cuboïde gauches, un métatarsien et la diaphyse d'un péroné .

Tous ces objets se trouvaient sur la gauche et à une profondeur de 0m40 à 0m50, sauf le galet qui se trouvait parmi les pierres dans une anfractuosité toute proche de l'orifice.

Ce qui me paraît tout à fait démonstratif, c'est la mise au jour, devant l'entrée, de très grosses pierres qui se trouvent en-dedans du point de chute normal du surplomb et sont superposées sur un plan presque horizontal ; en arrière de ces pierres l'argile est mêlée de détritus, de cendres et de charbon de bois. La profondeur atteinte est de 0m80 et le niveau de l'entrée ne se trouve encore abaissé que de 0m15. Les conjonctures présentes sont, on le voit, des plus encourageantes . "

Dolmen de Saint marcel (Hardoncelle) < Lien ci contre

 

Ce médecin n'est pas à confondre avec le résistant ardennais du même nom !


BASTIN Alfred, Émile naquit  le 2 juin 1918 à Couvin (Belgique), fusillé le 7 octobre 1941 à Mézières (Ardennes).


Il fut arrêté à Rocroy   par la Wehrmacht pour « attentat contre soldat allemand » le 17 août 1941 après avoir agressé un soldat allemand avec un couteau. Il fut emprisonné  à la prison de Charleville, et condamné à la peine de mort par le tribunal militaire allemand de Charleville-Mézières  le 2 octobre 1941 et fusillé à Mézières, sur le plateau de Berthaucourt, le 7 octobre 1941.
Le Petit parisien du 8 octobre 1941 annonça  son exécution pour « attentat commis contre un soldat allemand à Rocroy ».


Son nom est inscrit sur le Mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières.

 

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