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Histoires ardennaises

L'histoire se répète , les historiens aussi !

La ligne ferroviaire Vrigne-Meuse / Vrigne aux bois


Longueur 5 ,3 kms
Ecaretement des rails : 1,435 m
La ligne de Vrigne-Meuse à Vrigne-aux-Bois était une courte ligne de chemin de fer d'intérêt local, qui reliait Vrigne-Meuse à Vrigne-aux-Bois ( Ardennes). Elle constituait la ligne no 215 000 du Réseau ferré national.


Concédée au département des Ardennes en 1867, elle est ouverte à l'exploitation en 1873 par la Compagnie des chemins de fer de l'Est qui a signé une convention pour ce service avec le département. Elle est ouverte au service des marchandises de sa mise en service à sa fermeture en 1991, et au service des voyageurs de 1879 à 1930, avec la particularité qu'il ait été assuré par un omnibus hippomobile de 1879 à 1911.

La voie est déposée peu de temps après les fermetures et la ligne est déclassée dans sa totalité en 1993. Seul les bâtiments des gares de Vrigne-aux-Bois et de Vivier-au-Court sont toujours présents du fait qu'ils aient été réaffectés à d'autres activités.
9 novembre 1867, concession au département des Ardennes,
20 juillet 1873, ouverture du service des marchandises par la Compagnie de l'Est,
janvier 1879, ouverture du service des voyageurs réalisé par un omnibus hippomobile,
14 juillet 1898, reprise du service des voyageurs par la Compagnie de l'Est avec deux locomotives,
25 août 1911, modification du tracé et ouverture de la gare de Vivier-au-Court,
15 juillet 1930, fermeture du service des voyageurs,
1991, fermeture du dernier tronçon encore ouvert au service des marchandises,
2 février 1993, publication de l'arrêté de déclassement de la totalité de la ligne

En 1866, le préfet demande aux industriels des communes de Vivier-au-Court et Vrigne-aux-Bois de subventionner une courte ligne de type embranchement industriel2 susceptible de desservir leurs entreprises. La commune de Vivier conditionne son versement à la condition qu'il soit y soit ajouté un embranchement pour desservir le bourg.

Le chemin de fer d'intérêt local « de Donchery à Vrigne-aux-Bois » est déclaré d'utilité publique par un décret impérial le 9 novembre 1867. Cette nouvelle ligne doit se détacher de la ligne de Charleville à Sedan en un point à déterminer entre la gare de Donchery et le passage à niveau de Vrigne-Meuse, remonter la vallée de la Vrigne jusqu'à Vrigne-aux-Bois. Elle fait partie d'un lot de cinq lignes d'intérêt local attribuée au département des Ardennes qui a signé une convention avec la Compagnie des chemins de fer de l'Est pour leurs exploitation pendant une durée de douze années, renouvelable. Il n'y a pas de transfert de la concession mais simplement un accord d'exploitation, la Compagnie de l'Est acceptant de reverser les bénéfices éventuels au département qui lui c'est engagé à combler les pertes. L'ouverture, du chantier pour les travaux de construction de la ligne, est repoussée du fait de la Guerre franco-allemande de 1870.

Après le conflit le point d'origine de l'embranchement est modifié, le 26 février 1872 par un nouveau décret qui renomme la ligne en Chemin de fer d'intérêt local « de Vrigne-Meuse à Vrigne-aux-Bois » et déclare d'utilité publique le nouveau tracé qui s'embranche maintenant à Vrigne-Meuse sur la ligne de Charleville à Sedan.
L'objectif des industriels est rempli, mais les habitants désirent un service régulier pour le transport des voyageurs. En 1876 le choix se porte sur un omnibus hippomobile, les communes s'engagent à verser une subvention qui couvre la moitié des frais et notamment des travaux sur la voir pour modifier le sol entre les traverses afin de permettre aux chevaux de trotter. Fin 1878, un accord est passé avec un entrepreneur de Sedan qui s'engage à assurer trois navettes quotidiennes contre l'assurance d'un revenu minimum garanti de 12 francs par jour. L'omnibus est tracté par un cheval ou deux chevaux suivant que l'on attelle une ou deux voitures, ouvertes ou fermées. Le service débute en janvier 1879, les navettes vont faire une moyenne de huit allers/retours quotidien avec des correspondances en gare de Vrigne-Meuse
En 1898, les communes font de nouveau pression pour obtenir le remplacement de l'omnibus hippomobile par un train à vapeur. Elles obtiennent satisfaction en 1901 avec la mise en service d'une navette régulière de type train-tramway. Les locomotives 030 T Est « la Thur » (no 0.208) et « la Zom » (no 0.209) sont maintenant attachées à la ligne où sept navettes quotidiennes sont prévues. Le 14 juillet les habitants et les personnalités sont présents en nombre pour l'inauguration en gare de Vrigne-aux-Bois. Les festivités débutent par un vin d'honneur suivi des discours, notamment du conseiller général Petit-Barbette en présence des conseillers municipaux. Le train inaugural, pavoisé, part à 16h de Vrigne-aux-Bois pour la halte de Vivier et la gare de Vrigne-Meuse.
Des 1866, le conseil municipal de Vivier-au-Court cherche à obtenir la desserte de sa commune et surtout des industries qui y sont implantés, en demandant la création d'un embranchement. En 1882, c'est une modification de la ligne qui est demandée par Vivier. À chaque fois Vrigne-aux-Bois s'y oppose pour éviter la concurrence avec ses propres usines. Néanmoins Vivier est finalement entendue car en 1906 l'administration décide d'accepter une modification de la ligne pour desservir cette commune.

Deux kilomètres de la ligne sont abandonnés pour créer une déviation qui passe au lieu-dit Moraimont avec création de la gare de Vivier-au-Court et d'un embranchement pour desservir l'usine de quincaillerie Camion Frères. L'inauguration de la nouvelle gare a lieu le 25 août 1911 avec la circulation d'un train spécial qui parcourt la ligne en s'arrêtant à Vivier, ce train met neuf minutes de Vrigne-Meuse à Vivier et quatre minutes de Vivier à Vrigne-aux-Bois.
Le service des voyageurs prend définitivement fin le 15 juillet 1930.

L'activité des entreprises de Vrigne-aux-Bois et de Vivier-au-Court permet la poursuite du service des marchandises. Néanmoins cette poursuite des circulations est facilitée par le fait que le matériel de traction utilisé est celui attaché au triage de Vrigne-Meuse, qui est une annexe de celui de Lumes.

La section de Vivier-au-Court à Vrigne-aux-Bois est fermée au début des années 1970. Il ne reste plus que la desserte de l'usine de La Fonte Ardennaise qui est située à côté des voies de la gare de Vivier-au-Court. Cette baisse d'activité fait passer la ligne au statut des lignes à trafic restreint (VUTR) jusqu'à sa fermeture complète à la fin de l'année 1991.
Ligne déclassée depuis le 2 février 1993
 

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