Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Histoires ardennaises

L'histoire se répète , les historiens aussi !

La Poudrerie Royale de Saint-Ponce


Non loin de la chapelle de Saint-Ponce (La Francheville) existait une chute d’eau qui ne pouvait pas manquer d’être utilisée comme
 force motrice.
 Elle servit tout d’abord à un moulin à farine.

Au xviie siècle, Saint-Ponce fut converti en poudrerie. La fabrication de la poudre était alors un monopole de l’État, mais
 n’était pas assurée par lui. Elle fut mise en adjudication, et l’adjudicataire s’engageait à fournir, pour une certaine somme, les
 quantités prescrites aux temps et lieux déterminés.

Jusqu’en 1798, plusieurs propriétaires se succèdent. Elle reste propriété de l’État jusqu’en 1797-1798, où elle est mise en vente 
comme de nombreux biens nationaux.

L’organisation de la poudrerie subit quelques modifications jusqu’en 1839 et redevient stable jusqu’en 1866. Royale, impériale ou
 nationale, la poudrerie de Saint-Ponce constituait une aubaine économique pour la commune et ses habitants.

Cependant, sa présence ici nécessitait des mesures de prudence liées à la fabrication et au stockage de la poudre. La même
 prudence était requise s’agissant des « petites fusées, pétards et autres artifices servant de jouets d’enfants, à moins
 de 500 mètres de la poudrerie… ».

La fabrication de la poudre met en œuvre trois composants : le salpêtre, le soufre et le charbon mélangés dans des proportions
 différentes selon la destination de la poudre.

À partir de 1866, les moyens de fabrication ont été améliorés et la production diversifiée : poudre de mine ronde, poudre de
 chasse, poudre de guerre.

La fabrication de la poudre n’était pas sans danger et les accidents furent nombreux : l’incendie des moulins à poudre en 1704
 n’a pas fait de victime, mais une explosion en 1754 fit 5 victimes et en 1873 une énorme explosion de 2 400 kg de poudre se 
produisit.

L’ébranlement fut tel qu’à La Francheville, les vitres furent réduites en miette, à Mézières et à Charleville (5 à 6 km de là), les
 fenêtres et les portes s’ouvrirent. La déflagration et le bruit furent perçus jusqu’à Givet, à plus de 50 km, d’où l’on télégraphia
 pour connaître la cause. Les arbres étaient tordus et broyés à 100 m à la ronde.

Du fait de l’insécurité, mais aussi pour une raison stratégique de repli au sein du territoire national de telles installations
 (poudreries, armureries) la poudrerie de Saint-Ponce fut définitivement fermée en 1904.

De nombreux vestiges de la poudrerie sont aujourd’hui visibles sur l’île de Saint-Ponce : des bâtiments, des installations,
 des habitations. Une association se constitue actuellement pour sauvegarder le site.

Source :Monuments Ardennes

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article