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Histoires ardennaises

L'histoire se répète , les historiens aussi !

Jeanne Mélin : l'ardennaise,1 ère femme candidate à l'élection présidentielle , en 1947

Jeanne Mélin, née le 17 septembre 1877 à Carignan (Ardennes) et morte le 18 avril 1964, à Sedan, est une pacifiste, une féministe, une écrivaine, et une femme politique. Elle a parcouru l’Europe, militant notamment pour la paix, pour une amitié franco-allemande et pour le droit de vote des femmes. Dans le cadre de ce combat pour l'affirmation des droits politiques des femmes en France, elle fut aussi candidate à l'élection présidentielle de 1947.


En 1898, elle découvre dans un journal des Ardennes, Le Petit Ardennais, un appel de l’association La Paix et le Désarmement par les Femmes. Elle crée localement une antenne à cette organisation. Cette organisation développe un discours modéré, basé sur les vertus pacificatrices et éducatrices de la maternité, opposant le masculin, symbole de violence au féminin, symbole de vie. Elle est également influencée par le positivisme1.

En 1901, elle entre en contact avec l’association La Paix par le Droit (1901), présidée au niveau national par Théodore Ruyssen. Elle y adhère et fonde le groupe ardennais de cette société pacifiste, groupe ardennais que préside Henri Doizy, et dont elle est vice-présidente. Dans ce cadre, elle milite en faveur de l’arbitrage et d'un droit international s'appliquant aux nations. Elle participe aux congrès pacifistes nationaux (congrès de La Paix par le Droit, à La Rochelle en 1908, 6e congrès national des Sociétés Françaises de la Paix, à Reims en 1909), et internationaux (18e congrès universel de la Paix, à Londres en 1908, 19e congrès universel de la Paix, à Stockholm, en 1910). Jeanne Mélin anime également des conférences pour la paix, en Ardennes (à Carignan, à Sedan, à Rethel, à Vrigne-aux-Bois, à Donchery, etc.,), et au-delà des limites du département, un exercice difficile dans le climat de revanche sur l'Allemagne qui prévaut dans l'opinion, d'autant plus pour une femme devant des publics essentiellement masculins. Elle fait également venir Jean Jaurès, qui s'exprime le 29 novembre 1913 à Sedan et le 30 novembre à Charleville .

Dans les mêmes années, elle multiplie les engagements, adhérant à la SFIO, à la Ligue des droits de l'homme, au comité espérantiste de Sedan, mais aussi à l'Union pour le suffrage des femmes (UFSF), présidée par Cécile Brunschvicg. Un féminisme qui découle de son pacifisme : pour elle, les femmes sont naturellement pacifistes et la reconnaissance de leurs droits à participer aux élections peut conduire à des politiques plus humaines. Dans les mêmes années, elle est toujours, également, fondée de pouvoirs, au sein de l'entreprise familiale, la briqueterie de Carignan.
Le droit de vote enfin concédé aux femmes par le gouvernement provisoire de la République française en 1944 est une de ses grandes satisfactions. Reprenant son action féministe, elle est la première femme à présenter en 1946 sa candidature à la Présidence de la République française, pour les élections de 1947, bien que n'ayant aucune chance. En 1948, elle se retire à Reims.

Dans un souci pacifiste, en 1959, elle se prononce en faveur du contrôle des naissances et rejoint ainsi l'action d'une nouvelle génération des féministes qui, en 1956, crée le mouvement Maternité heureuse, transformé quelques années plus tard en Mouvement français pour le planning familial. Pendant la guerre froide, elle est membre du Mouvement de la Paix, et de l’appel de Stockholm, par principe, sans militer publiquement1. En 1955, elle revient habiter sa commune natale de Carignan, dans les Ardennes, à 78 ans. Le traité de rapprochement franco-allemand de 1963 est pour elle une nouvelle satisfaction, et la concrétisation d'une autre idée qu'elle a défendue. Elle décède le 18 avril 1964 à l'hôpital de Sedan où elle a dû être transportée.
 

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