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René Daumal:poète, critique, essayiste, indianiste, écrivain et dramaturge français

René Daumal, né à Boulzicourt, Ardennes le 16 mars 1908 et mort à Paris, le 21 mai 1944, était
 un poète, critique, essayiste, indianiste, écrivain et dramaturge français.

Ce poète méconnu n’a pas tenté de créer une Église, à l’image de Breton ou Debord. Mais il incarne une certaine forme de révolte spirituelle et métaphysique. Il rejette le matérialisme dialectique mais pas la perspective révolutionnaire. Toutefois, Daumal et la revue du Grand Jeu privilégient l’expérimentation poétique, qui peut devenir une force comme une limite.
René Daumal ne tarde pas à rencontrer d’authentiques poètes.
 René Daumal, adolescent discret et rêveur, écrit des poèmes qui tournent en dérision les petits
 évènements de la vie du lycée.
 René Daumal expérimente l’alcool, le tabac, le noctambulisme, l’asphyxie. Il se tourne vers les
 marges de la poésie et de la philosophie.

En 1925, René Daumal rentre en khâgne au lycée henry IV à Paris et crée la revue " le Grand Jeu".
Les collaborateurs du Grand Jeu proviennent d'origines géographiques et idéologiques différentes.
 Le premier numéro doit être publié en 1928 pour être consacré à la Révolte. Daumal insiste “pour ne pas donner une place excessive aux poèmes”, “pour ne pas avoir l'air de jeunes gens qui veulent être imprimés. D'ailleurs, qu'importe ? - Trop de poèmes ennuient vite, la partie
 poétique sera d'ailleurs aussi importante que la philosophique”. René Daumal prend la direction
 éditoriale .

 Le Grand Jeu se rapproche des surréalistes mais aucun accord n'aboutit. En effet, le Grand Jeu
 accueille les exclus et dissidents du mouvement surréalistes qui critiquent l'autoritarisme
d'André Breton.
 Breton tente de supprimer le contrôle qu'exerce la raison sur l’esprit pour libérer une force spirituelle. L’investigation surréaliste se tourne alors vers l’écriture automatique et le récit des rêves.

 

L’esprit humain doit se libérer de ses conditionnements selon les surréalistes. En 1925, ce mouvement pose des bases précises avec, pour préalable, « un certain état de fureur ».
L’action surréaliste ne se préoccupe pas de « l’abominable confort terrestre » mais vise à « changer les conditions d’existence de tout un monde ».

Mais Breton tente de démolir le Grand Jeu à partir de positions politiques de certains de ses participants.

Le Grand Jeu se considère comme communiste dans la destruction de l’ordre établi mais ne rejoint pas le Parti. Les intellectuels communistes sont considérés comme des policiers serviles. Mais l’aventure du Grand Jeu s’essouffle et René Daumal se tourne vers de nouveaux horizons. Le Grand Jeu, depuis les simplistes, demeure une expérience collective qui dépasse les prétentions  individuelles. « L’Occident individualiste-dualiste-libre-arbritriste, triste,
capitaliste-colonialiste-impérialiste et couvert d’étiquettes du même genre à n’en plus finir,
il est foutu, vous ne pouvez vous en doutez comme j’en suis sûr », constate Daumal.

 

La trajectoire de Daumal et du Grand Jeu s’ancre dans la créativité poétique de son époque.
Mais la critique de la vie quotidienne débouche vers une fuite dans la poésie et la métaphysique.
 Le rêve, l’expérimentation s’apparentent à une fuite hors du monde et de la civilisation
occidentale. Sa dérive vers la culture orientale et une forme de
religiosité hindouiste révèle l’impasse d’une révolte uniquement spirituelle pour ré-enchanter.

 .
 
René Daumal présente la réflexion de la revue Le Grand Jeu dans un texte intitulé “Liberté
 sans espoir”. . Le premier numéro du Grand Jeu comprend trois essais sur la
“Nécessité de la révolte”. Ensuite, le revue intègre plusieurs poèmes.
 
 
 
René Daumal se réfère à Nerval, écrivain du rêve. Il pratique l’hypnose pour atteindre
l’isolement sensoriel et un sentiment de vertige. Le simplisme est une philosophie qui
 « va se fonder sur cette métaphysique expérimentale, celle de "l’identité de l’existence
et de la non-existence du fini vers l’infini" », selon H.J.Marxwell. Les simplistes recherchent
 un « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens », selon la formule d’Arthur Rimbaud.

Pensées de René Daumal :
"Quand les pieds ne veulent plus vous porter, on marche avec sa tête. Et c'est vrai. Ce n'est
 peut-être pas dans l'ordre naturel des choses, mais ne vaut-il pas mieux marcher avec la tête
 que penser avec les pieds, comme il arrive souvent ?"

"Il n'y a pas de place dans la haute montagne, disait-il, pour le fantastique, parce que la
réalité y est par elle-même"

"On ne supprime pas la faim en ôtant l'estomac - mais en donnant à manger "

A propos d'André Breton , il dira :

"« Prenez garde, André Breton, de figurer plus tard dans les manuels d’histoire littéraire,
 alors que si nous briguions quelques honneurs, ce serait celui d’être inscrit pour la postérité
 dans l’histoire des cataclysmes », prophétise René Daumal.

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À propos

Marc M

Généalogiste amateur et passionné d'histoire de mon département , les Ardennes . Histoire souvent méconnue !!!
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