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Jules Michelet et les Ardennes

Jules Michelet, né le 21 août 1798 à Paris et mort le 9 février 1874 à Hyères, est un historien français.

 

Libéral et anticlérical, il est considéré comme étant l'un des grands historiens du xixe siècle . Il a également écrit différents essais et ouvrages de mœurs dont certains lui valent des ennuis avec l'Église et le pouvoir politique. Parmi ses œuvres les plus célèbres de l'époque, Histoire de France, qui sera suivie d'une non moins monumentale Histoire de la Révolution-

Jules Michelet, issu d'une famille catholique venant à la fois de Picardie et des Ardennes, naît au 14 rue de Tracy dans une église déconsacrée (dépendant d’un ancien couvent de religieuses de Saint-Chaumont) occupée par l'imprimerie paternelle qui y produit à cette époque des assignats. Il est le fils unique de Jean François Furcy Michelet, maître-imprimeur ruiné par le décret de Napoléon du 5 février 1810 qui limite sévèrement le nombre des presses parisiennes4 et emprisonné pour dettes impayées en 1808, et d'Angélique Constance Millet, femme pieuse et austère originaire d'une famille paysanne de Renwez, un village des Ardennes

on œuvre immense, émaillée d’impressions personnelles, subjectives, passionnées et romantiques n’est pas passée inaperçue

Les ascendants ardennais de Jules Michelet appartiennent aux familles Millet-Champenois et Michaux. Un nombre surprenant de Michaux est entré dans les ordres ou dans le clergé séculier. Le grand-père Millet fut maire de Renwez. Son oncle Lefebvre-Millet occupe lui aussi le fauteuil de maire, entre 1832 à 1840 et travaille comme administrateur de la forêt. La famille Lefebvre-Millet constitue la quatrième fortune du village.

Michelet parcourt l’Ardenne à de multiples reprises durant sa vie .Durant son enfance , il flanera longuement aux abords du Chateau de MONTCORNET ;. En octobre 1831, il visite le terroir de Renwez ; en juin 1837, il écume les fonds d’archives de Mézières et se promène au Mont-Lieu et au bord de l’étang de La Boutillette ; en août 1840, il remonte la Meuse de Givet à Revin, puis traverse Rocroi ; en août 1849, il vient avec sa seconde épouse, apparentée aux Mialaret de Mézières, et tombe sous le charme de la Place Ducale de Charleville : « […] La Champagne m’avait semblé ennuyeuse ; cette première vision du pays de ma mère me remplissait de mélancolie […] » confie-t-il. Michelet perçoit l’âme de l’Ardenne comme « sombre », c’est que l’ardoise la couvre d’un habit de « deuil »… L’Ardenne l’inquiète, car l’on ne voit jamais la fin de la forêt, « le bois se referme » derrière soi, c’est « une mer montante », « un océan »… Les intérieurs, secs et chaleureux, s’opposent à l’humidité diffuse des plateaux boisés, des vallées sinueuses. Mais l’Ardenne le charme aussi et le retient par la force de caractère des autochtones.

Dès son premier séjour, en 1831, Jules Michelet se passionne pour l’histoire, les légendes, le patrimoine d’Ardenne. Il s’interroge sur la toponymie locale, notamment la « rue-des-Malades » de Renwez, où s’élevait autrefois une maladrerie ou une léproserie. Il visite le château de Montcornet. Il découvre les Quatre-Fils-Aymon à Château-Regnault, Laifour et les Dames de Meuse. « Partout, ici, l’histoire s’éveille sous vos pas » s’émerveille-t-il. À pied, malgré la distance impressionnante de 80 km, il est allé parcourir avec son oncle la vallée de la Lesse et les grottes de Han ! Dans Ma Jeunesse, Michelet retient davantage les contes fantastiques et magiques que l’histoire vraie, scientifique ; il évoque : « les effrayantes légendes », « un homme ensauvagé », « l’antre obscur », « un lieu d’effroi », « les demi-ténèbres », « la Lesse, rivière magique »…

Jules Michelet, le grand historien du xixe siècle, dit avoir trouvé sa vocation en visitant le château de Montornet qu'il qualifie de « Colisée féodal »

Château de Montcornet

Le château est situé sur un éperon appelé Mont-cornu dominant la vallée et qui vraisemblablement a été habité de la Préhistoire jusqu'au xie ou xiie siècle (la date exacte n'étant pas connue), période de construction du château.

 

Des fouilles ont permis de d'établir que le castrum du fort remonte au début de la féodalité.

 

Les premiers à avoir habité le château sont les Montcornet.

 

Aux xiiie et xive siècles, la forteresse passe à Miles de Noyer puis à la famille des Mello. En 1443, Charles de Noyers et Jeanne de Murchain vendent cette seigneurie au Comte de Nevers. En 1446, Antoine de Croy (1390-1475), (chambellan de Philippe III de Bourgogne), le rachète et le remanie profondément pour l'adapter aux armes à feu. Ce même Antoine de Croÿ donne à sa famille une importance considérable en réussissant à devenir le plus proche conseiller de Philippe le Bon, notamment dans la dernière décennie de son règne. Les Croÿ obtiennent dès lors gouvernements, titres et largesses.

 

En 1613, Charles de Gonzague, qui est en train de faire construire, à quelque distance de là, Charleville capitale de sa principauté d'Arches, l'achète. Le château passe aux mains des La Meilleraye, puis au duc d'Aiguillon qui le démantèle en 1766.

 

Seules des ruines arrivent aux Chabrillan puis à Madame de Caumont La Force qui en 1961 accepte de le céder à l'abbé Bernard Lussigny qui aidé par des groupes et associations locales entreprit des réparations conservatoires et des fouilles.

 

Les découvertes faites lors des fouilles sont exposées dans une salle à proximité du château (clés, 400 monnaies, poteries, boulets, ossements).

 

Depuis la mort de l'abbé survenu en décembre 2009, l'association Les Amis du château de Montcornet est propriétaire du château et en assure la sauvegarde.

 

Ce qui reste du château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 19 juillet 1926

 

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À propos

Marc M

Généalogiste amateur et passionné d'histoire de mon département , les Ardennes . Histoire souvent méconnue !!!
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