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Guillaume Louis Ternaux : Industriel Sedanais et inventeur (?) du " Made in France "

Le baron Guillaume Louis Ternaux, dit « Ternaux l'Aîné » né à Sedan le 8 octobre 1763 et mort en son château de Saint-Ouen le 2 avril 1833, est un manufacturier, négociant et homme politique français. Il a repris à 18 ans, avec son frère cadet, l'entreprise textile créée par son père.

Il est l’inventeur des premiers cachemires européens et réussit, grâce à son sens inné du
commerce, à établir la notoriété de ses produits et à en faire des produits de luxe connus dans
toute l'Europe, tels les célèbres « châles de Ternaux ». Il est considéré comme l'un des
entrepreneurs les plus influents de la première partie du xixe siècle. Il devint aussi député de
la Seine puis de la Haute-Vienne sous la Restauration. Le titre de baron lui a été conféré en 1819, mais il a préféré y renoncer quelques années plus tard.

Son père Charles Louis lui laisse en 1781 la direction de la manufacture pour aller établir à
Paris une maison de commerce en gros écoulant ses produits. Guillaume Louis se retrouve à 18 ans à peine, aidé de son frère cadet âgé de 16 ans, à la tête des ateliers
sedanais. L'entreprise bénéficie d'un marché porteur jusqu'en 1792

Cette même année 1792, favorable aux idées nouvelles et à la monarchie constitutionnelle,
proche du général Lafayette qui commande l'armée du Nord et s'est installé à Sedan, il est
conseiller municipal de cette ville. Sous la Terreur, en 1794, il doit s’exiler en Allemagne
 puis en Angleterre pour avoir fait partie deux ans plus tôt de la municipalité compromise par
la fuite à l'étranger de Lafayette. Les autres membres de la municipalité de 1792 sont pour la
plupart arrêtés et guillotinés4. En Angleterre, il étudie avec beaucoup d'intérêt les procédés
 de fabrication et les modes de gestion des entreprises de textile. Il revient en 1798, sous le
 Directoire. Il décide de faire de la maison de Paris le siège de la société, gérant la trésorerie,
 les achats et comptabilisant les ventes de toutes les fabriques et comptoirs. Les bureaux
 sont établis au 35, place des Victoires avec un comptoir de vente au 4 rue des Fossés
 Montmartre (aujourd'hui rue d'Aboukir). Le 4 octobre 1802, il achète à Jacques Necker
un château à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) dit « Château Ternaux ».

Napoléon Bonaparte, premier consul, visite ses ateliers à Sedan, le 7 août 1803, accompagné de  Joséphine et de René Savary, son homme de confiance originaire de cette cité ardennaise.
 Quelques ouvriers crient « À bas les mécaniques » lorsque sont évoqués des projets de
 mécanisation de la filature. Le premier consul se tourne vers eux et argumente sur la nécessité
 de tels projets auprès des contestataires : « Ce n'est que par l'amélioration des procédés
industriels qui diminuent la main d’œuvre que l'industrie française pourra cesser d'être
inférieure à l'Angleterre ». Trois jours plus tard, Bonaparte est dans un autre de ses ateliers,
 à Reims, et Joséphine reçoit des mains de Guillaume Ternaux un des plus célèbres de ses produits, fabriqué en ce lieu, un châle Ternaux. Guillaume Ternaux fait en sorte, par la suite, de devenir son fournisseur, et surtout... de le faire savoir. Il fait broder sur ses produits trois
mots : « il est français », une utilisation publicitaire de l'origine des produits rebondissant
 sur l'air du temps... En 1807, en plein blocus continental, il réitère cette veine publicitaire
 en proclamant : « mois aussi, je fais la guerre à l'Angleterre ».
 En juin 1810, l'empereur Napoléon Ier visite des manufactures à Louviers, en compagnie de
Marie-Louise. À la porte de l'une d'entre elles, il retrouve Guillaume Ternaux, qu'il accueille
aux mots joyeux de « Décidément Ternaux, vous êtes partout ! ». Il le décore de sa main de la
 Légion d’honneur, en décrochant la médaille qu'il porte lui-même au revers de sa veste

En 1821, il abandonne son titre de baron, estimant son activité de négociant et d'industriel non
acceptée par une partie de la noblesse, convaincu de l'utilité de son activité et que la vrai
 dérogeance serait de renoncer aux arts utiles. Une décision caractéristique du personnage.
 Réélu député en Haute-Vienne, le 17 mai 1822, par 1 442 voix sur 2 320 votants, il refuse
 d'approuver l'expédition d'avril 1823 en Espagne et indispose une nouvelle fois le gouvernement. Il n'est pas réélu député en 1824

Il participe en 1824 à la création du comité philhellène de Paris, qui se réunissait chez lui,
 place des Victoires14. Réélu député en 1827 et 1830, il prend une part active à la Révolution
de Juillet11. En 1828, il devient membre du comité pour l'abolition de la traite et de
l'esclavage. Son entreprise connaît des difficultés à la fin des années 1820, et il ne se
 représente pas aux élections de 1831 pour se consacrer à ses affaires et résorber au mieux ses
 dettes11. Il vend une grande partie de ses biens industriels dont la manufacture de Sedan, et
ne conserve que les ateliers de filature installés à Lamecourt
 Il décède le 2 avril 1833 au château Ternaux, à Saint-Ouen.

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À propos

Marc M

Généalogiste amateur et passionné d'histoire de mon département , les Ardennes . Histoire souvent méconnue !!!
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Angeline 16/03/2017 16:25

j'aime me promener ici. un bel univers.

Marc M 16/03/2017 17:28

Merci .....