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Le Fusil "Charleville " :Quand des ingénieurs ardennais assistaient Georges Waschington

La Manufacture d'armes de Charleville fut créée en 1675 . Les célèbres fusils et pistolets ardennais de la Manufacture royale puis de la Manufacture impériale de Charleville ont parcouru le monde et les exemplaires existants restent très recherchés par les collectionneurs.

Les guerres successives du 17 eme et 18 eme siècle oblige le royaume à se doter de manufactures d'armes. La première est celle de Charleville C' est une cité nouvelle, construite à partir de 1606, par Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Rethel pour rivaliser avec Sedan , ville protestante. En 1675, une fabrique est créée à Charleville par le directeur général des manufactures et magasins royaux d'armes: Maximilien Titon et le négociant Toussaint Fournier. En 1688, le privilège de Manufacture royale est accordé à la ville. Les armes sont montées à Charleville à partir de pièces produites dans deux autres établissements principaux, implantés à Nouzon et à Mohon mais aussi dans de multiples «boutiques» d'artisans façonniers de la vallée de la Meuse et de la Semoy.

Le 24 juin 1717, la Manufacture a l'honneur de recevoir la visite d'un des plus grands souverains d'Europe, Pierre 1er de Russie. L'empereur russe, arrivé la veille de Paris, est sans doute intéressé par la ville nouvelle de Charleville, étant lui-même le bâtisseur d'une autre ville nouvelle St Petersbourg . Mais il a tenu également à inclure dans ce passage en Ardennes, la découverte de cette fabrique d'armes. C'est Victor Fournier qui accueille cet hôte exceptionnel et curieux. S'il peut observer les ouvriers à l’œuvre, aucun fusil n'est remis au tsar , pour protéger les secrets de fabrication et les choix de l'armée royale française, 1717 étant l'année d'un nouveau modèle de fusil,. Un modèle dont chaque pièce et chaque proportion sont précisément réglementés, marquant les prémisses d'une longue série, les modèles 1743, puis 1746, 1754, 1763, 1766, et le célèbre modèle 1777

.Le fusil Charleville, dans ses différents modèles, a servi aux troupes françaises sur les champs de bataille européens, mais aussi en Amérique du Nord, notamment pour les troupes commandées par le maréchal de Montcalm tué au siège de Quebec par les Anglais en septembre 1759, et à la bataille de Yorktown en octobre 1781, où le lieutenant général de Rochambeau envoyé par Louis XVI à la tête de 10 800 Français, et le général américain George Washinton, assisté d'ingénieurs du génie de Mézières, avec 6 500 hommes, battirent les Anglais de Lord Cornwallis , ce qui mettra fin à la guerre d'indépendance américaine, qui durait depuis 1775. Le traité sera signé à Paris le 3 septembre 1783. À cette époque la production était de 20.000 armes par an et beaucoup furent données aux Patriots américains par la France. Les Américains fabriqueront des copies du modèle « Charleville 1777 », dans leur fabrique Springfield Armory, située dans le Massachusetts , le premier centre de fabrication d' arme à feu militaires américaines. Ces fusils Springfield U.S. constitueront leurs premières armes réglementaires. En France, pendant la Révolution , Charleville deviendra Libreville et les platines seront gravées de ce nom pour une courte période. Sous le 1er Empire , la production augmente sans cesse à Charleville, et atteint 50.000 armes pour l'année 1812. 1 700 ouvriers y sont alors employés, c'est l'apogée de la Manufacture. En 1816, la Restauration , et la paix en Europe, amènent la Manufacture à fabriquer des armes en moindre quantité, mais des armes d'exception, dont les très rares fusils des gardes du corps du Roi

.On estime que la Manufacture de Charleville a produit environ 72 modèles de fusils et 24 modèles de pistolets.

En 1717 sort la première arme réglementaire (approuvée comme arme de guerre par l'armée), un fusil à poudez noire dont les cotes de chaque pièce sont définies dans un règlement et des matrices, de façon à garantir leur standardisation et leur interchangeabilité .

En 1743 sont fabriqués 400 fusils d'un modèle particulier conçu par le Maréchal de saxe . En 1766, il bénéficie encore de quelques améliorations d'allègement et de platine, mises au point par Monsieur de Montbelliard, directeur à l'époque. Quelques 140.000 armes de ce type seront fabriquées.

Puis il est remplacé par le fameux « 1777 Charleville » raccourci à 1,529 m pour le modèle infanterie et à 1,40 m pour le modèle « Dragon », cavaliers qui peuvent se battre à pied. Il sera fabriqué à plus de 2 millions d'exemplaires.Les grognards, vieux grenadiers de la garde d'élite de L'Empereur, pouvaient dit-on, tirer jusqu'à 4 coups par minute tout en marchant sur l'ennemi. La dernière charge se faisait à la baïonnette, dont les Français étaient passés maîtres.

La manufacture sera arrêtée en 1836, jugée trop près des nouvelles frontières de 1815, en cas d'invasions. La fermeture de cette entreprise provoque la ruine de nombreux autres entrepreneurs et artisans ardennais .

 

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À propos

Marc M

Généalogiste amateur et passionné d'histoire de mon département , les Ardennes . Histoire souvent méconnue !!!
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